L'essentiel

Parfois confondu avec le don d’organe, le don du corps à la science joue un rôle clé pour :

  • la formation continue et initiale des médecins et chirurgiens, selon l’adage “Jamais la première fois sur un patient” 

  • l'innovation et la recherche dans de nombreux domaines médicaux (nouvelles techniques opératoires, implants, prothèses, etc.)

Malgré les modélisations et l'imagerie 3D, le recours aux cadavres demeure indispensable pour la science comme pour la médecine.

 

Chaque année, environ 2 500 défunts rejoignent l’un de 28 centres de don des corps en France, suite à un choix testamentaire effectué de leur vivant. L’université Paris-Descartes (devenue depuis Université de Paris) abritait le plus important d’entre eux, considéré comme le “temple de l’anatomie française”.  C’est en son sein, au cœur de Paris, que la générosité et la dignité de milliers de donateurs ont été bafouées pendant plus de 30 ans

  • Vétusté des installations datant de années 50, chambres froides à 17°, au point qu’un quart au moins des dépouilles aient  dû être incinérées  sans être utilisées

  • Corps putréfiés, démembrés, rongés par les rats et les vers, têtes entassées bouches béantes...

  • Maltraitance normalisée de la part de préparateurs dont certains jouaient au foot avec les têtes, se donnaient des claques avec des bras, dérobaient des membres...

  • Inertie et absence de décision de la part des hauts responsables pourtant alertés à maintes reprises

Dès la révélation du charnier dans L’Express du 27/11/19, le centre de Paris-Descartes a été fermé définitivement. Rapidement, les familles des donateurs ont porté plainte pour atteinte à l’intégrité d’un cadavre (article 225-17 du Code pénal). Plus d’une centaine d’entre elles sont représentées par Maître Douchez, avocat au barreau de Toulouse.

 

Les juges d’instruction nommés par le pôle santé du parquet de Paris ont mis en examen l’université, son ancien président Frédéric Dardel et deux préparateurs. La procédure judiciaire ne saurait en rester là. Des journalistes - au premier rang desquels Anne Jouan qui a révélé le scandale et les points clés de l’affaire, témoignages et photos à l’appui - poursuivent également leurs investigations.

 

Outre les conditions de conservation effroyables et les traitement ignobles des dépouilles, la presse a dévoilé d’autres dérives, financières, industrielles, sanitaires, véritables affaires dans l’affaire : 

  • Trafic de corps, membres et ossements vendus sous le manteau par des préparateurs à des médecins, chercheurs, cabinets de radiologie, collectionneurs de curiosités macabres.. (franceinter, mars 2020)

  • Utilisation des corps par l’industrie automobile (crash tests) et l’armée (tests des dégâts causés par des mines)  sans que les donateurs ni les familles n’en soient informés (Le Figaro, 02/06/21)

  • Vente des corps par l’université (L’Express du 27/11/19) alors que l’article 16-5 du code civil stipule que “les conventions ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits sont nulles” ( The conversation, 09/06/21) 

  • Société anonyme prospérant grâce à la revente des corps au prix fort (1,6 M d’€ de CA en 2015) fondée et dirigée, au sein de l’université, par Guy Valancien, ex-Directeur du centre de don (L’Express du 25/02/20)

  • Corps positifs au VIH, à l’hépatite B et C disséqués par des étudiants ou manipulés par des médecins (france culture, 13/03/20)

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Déterminées à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire tentaculaire, décidées à faire entendre leurs voix et à obtenir justice pour leurs proches (Cf Nos objectifs), les familles des victimes ont créé l'association CDJD.

Pour en savoir plus :