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Le corps à corps d’une vieille gloire du bistouri avec l'Ordre des médecins
Par Jérôme Canard Publié le 14 février 2026 , modifié le 14 février 2026
Les confrères du célèbre urologue Guy Vallancien lui reprochent ses propos très frais sur le traitement ahurissant réservé aux corps de défunts donnés à la faculté parisienne de médecine de Saint Germain-des-Prés. Le sanctionneront ils la mort dans l'âme ?
La morgue d’un mandarin, ça se soigne ? Le professeur Guy Vallancien, qui fut chirurgien urologue de François Mitterrand, conseiller de trois ministres de la Santé et directeur du centre du don des corps de l’université Paris-Descartes, vient de se faire sanctionner par l’Ordre des médecins. La chambre disciplinaire de Paris ne lui a infligé qu’un simple avertissement, mais l’affaire doit être bientôt rejugée en appel, par l’Ordre national cette fois.
Vallancien était poursuivi par des familles de défunts qui avaient donné leurs corps, pour son rôle dans le charnier découvert en 2019 à la faculté de médecine parisienne de la rue des Saints-Pères : les cadavres étaient entassés n’importe comment dans les locaux où ils pourrissaient rongés par les souris. Le mandarin est également accusé d’avoir revendu des corps à des industriels via sa structure privée, l’École européenne de chirurgie.
Des prises de paroles à Mediator et à travers
Pour se défausser, le toubib avait lâché, tout en finesse, lors d’une réunion de conciliation avec les proches des disparus : « Quand vous mettez un morceau de viande à -18 degrés, il peut être conservé pendant des années. Mais un morceau de viande à 4 degrés, dans un réfrigérateur, au bout de 15 jours, trois semaines, il n’est plus valable. » Un peu vieille carne, l’ancien conseiller ministériel ? « Vallancien est à la masse, c’est clair », glisse au « Canard » un peu charitable membre du Conseil de l'Ordre.
Le professeur Vallancien s’était déjà illustré par le passé avec des sorties inappropriées. Dans un livre paru en 2015, il écrivait à propos du scandale du Mediator : « Rares sont les malades qui furent meurtris par les complications liées au produit. » Tant pis pour les quelque 2 000 décès entraînés par le coupe-faim des laboratoires Servier et pour les milliers de malades qui souffrent encore de ses effets. En novembre 2025, Vallancien a récidivé sur LinkedIn en minimisant à nouveau les effets du Mediator, pourtant reconnus par la justice. La mauvaise foi, ça peut faire des métastases.
Publié par Jérôme Canard dans le Canard Enchainé web




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